25 avril 2007
Bulletin de vote "orange"
Comme nous l'avons expliqué dès le lundi 23 avril, entre M. Sarkozy et Mme Royal au 2nd tour, nous choisissons de revoter François Bayrou.
Nous mettons à la disposition des visiteurs de ce blog un bulletin de vote "orange" pour François Bayrou. Il vous suffit de le télécharger, puis de l'imprimer, et vous pourrez le glisser dans l'urne le 6 mai.
Thomas Guénolé & Roméo Lucibello

20:25 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, sarkozy, royal, second tour, bulletin orange
24 avril 2007
Pourquoi je voterai blanc au 2nd tour.
Au premier tour, j’ai voté pour François Bayrou, par conviction. Au second tour, je prévoyais de voter à nouveau pour lui. En son absence, je voterai blanc, toujours par conviction et non pas par indécision.
Voici les raisons de ce choix.
Au premier tour, quand j’ai choisi ce candidat, j’ai adhéré à une personne, à des valeurs, et à un programme. J’avais la conviction, et je l’ai toujours, que François Bayrou est, comme personne, le mieux à même d’être un président de la République réconciliateur et arbitre de la Nation. J’avais la conviction, et je l’ai toujours, que ses valeurs, celles de l’union nationale, de l’identité républicaine plutôt que nationaliste, de l’humanisme, et du fédéralisme européen, sont celles que la France a besoin de mettre en avant. J’avais la conviction, et je l’ai toujours, que son programme, en particulier la lutte draconienne contre l’endettement du pays, l’idée des deux emplois francs pour chaque entreprise, et la priorité absolue à l’éducation, est le mieux à même de réformer notre pays sans que cela aboutisse inutilement à mettre des millions de personnes dans la rue.
A présent, au second tour, je dois choisir mon candidat, qui ne peut plus être François Bayrou. Je dois choisir entre M. Sarkozy et Mme Royal. Là encore, je fais mon choix par rapport à une personnalité, à des valeurs, et à un programme.
Prenons le cas de Nicolas Sarkozy. En ce qui concerne sa personne, bien que je le trouve trop porté sur le conflit et manifestement égocentrique, je dois lui reconnaître qu’il aurait le niveau de compétence pour être président de la République. Mais j’estime que son programme, dans l’ensemble, est truffé de contradictions (les engagements sur les baisses d’impôts varient sans cesse), et surtout, dans l’ensemble, non-financé, ce qui revient à faire des promesses qu’il ne pourra pas tenir. Quant aux valeurs qu’il met en avant, si je suis d’accord avec la réhabilitation de la valeur travail et du sens de l’effort, je suis fondamentalement opposé à son culte du paraître et sa légitimation sans complexes du triomphe du plus fort. Bref, concernant Nicolas Sarkozy, ce sont son programme et ses valeurs qui m’empêchent de voter pour lui.
Prenons à présent le cas de Ségolène Royal. En ce qui concerne sa personne, j’ai depuis plusieurs mois une conviction encore renforcée par son discours lénifiant, et qui sonnait faux, du dimanche 22 avril : elle n’a pas encore le niveau de compétence, l’étoffe, pour être présidente de la République. Je constate en outre que son programme reste massivement dans une logique de primauté de l’intervention de l’Etat pour résoudre les problèmes du pays. Or, j’ai la conviction profonde, comme Lionel Jospin, que « l’Etat ne peut pas tout, » et que c’est un vœu pieux de professer le contraire. Par ailleurs, tout comme pour M. Sarkozy, il est manifeste que l’essentiel des promesses de Mme Royal ne sont pas financées, et que donc, ce sont des promesses qu’elle ne pourra pas tenir. En revanche, je dois admettre que je me reconnais pleinement dans les valeurs qu’elle met en avant, à savoir la solidarité, la démocratie participative et l’égalité des chances. Bref, concernant Ségolène Royal, ce sont sa personne et son programme qui m’empêchent de voter pour elle.
Par conséquent, pour des raisons différentes selon que ce soit l’un ou l’autre, je n’adhère ni à Nicolas Sarkozy, ni à Ségolène Royal. J’utiliserai donc la troisième possibilité : le vote blanc.
Dans mon entourage proche, des personnes ayant voté Sarkozy ou Royal au premier tour me pressent, depuis dimanche, de faire un choix. Quand je leur explique alors que je compte voter blanc, ils me répondent systématiquement deux choses. D’abord que voter blanc, c’est ne pas choisir. Ensuite que, selon la formule consacrée, « au premier tour on choisit, au second on élimine. »
Je ne suis d’accord avec aucun de ces deux arguments de type « pistolet collé sur ma tempe. »
Je réponds d’abord que le vote blanc au second tour, contrairement à l’abstension, est un choix. Un choix tout aussi démocratique et respectable que de voter pour M. Sarkozy ou pour Mme Royal. C’est un vote qui exprime mon choix de citoyen. A savoir que, pour des raisons mûrement réfléchies, quand on ne me donne le choix qu’entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, je revote Bayrou en votant blanc.
Je réponds ensuite que la logique « au premier tour on choisit, au second on élimine, » cela revient à faire le choix d’un de ces deux camps uniquement par rejet de l’autre camp. Or, je suis du centre. Cela signifie que je n’ai pas contre la gauche ou la droite cette « haine » stérile, et infantile, qu’implique un vote de rejet. J’ajouterai que non, quand je vote au second tour pour un candidat, cela ne peut pas juste signifier que je rejette son adversaire. Voter pour un candidat, c’est s’engager à ses côtés, et devenir co-responsable de son bilan s’il est élu. J’y étais prêt aux côtés de François Bayrou. Je ne le suis pas aux côtés de M. Sarkozy ou de Mme Royal, pour des raisons différentes.
Voilà pourquoi, au second tour, mon vote sera blanc, par conviction.
Thomas Guénolé
10:35 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : royal, sarkozy, bayrou, second tour, bulletin orange




