25 août 2007
Associations de banlieue : le grand foutage de gueule.
Cette semaine, notre rubrique « Réveil des quartiers populaires » est un coup de gueule.
Entre les émeutes de 2005 et l’élection présidentielle de 2007, les médias ont abondamment parlé des associations militant pour que les habitants des banlieues s’inscrivent sur les listes électorales, et pensent à aller voter. Encore à l’heure actuelle, c’est d’ailleurs sur ce type d’associations que l’on tombe en cherchant des associations de banlieue sur Internet.
Or tous ces sites ont au moins 3 points communs.
Premier point commun, ces sites se présentent comme « apolitiques, » mais renvoient tous plus ou moins directement au PS, et plus rarement à Olivier Besancenot. Interviews exclusives de Jack Lang ou de François Hollande, liens vers des associations connues comme étant des satellites du PS comme « SOS Racisme, » agendas d’événements remplis de réunions en présence de Ségolène Royal, etc. : le contenu est systématiquement orienté.
Second point commun, ces sites ont un design de qualité élevée et leur communication est verrouillée. Sachant la difficulté technique que cela représente d’arriver à ce niveau de design, le caractère systématique de la qualité obtenue a quelque chose de suspect, surtout comparé à la norme de qualité des sites Internet associatifs. En outre, alors même que ces associations se présentent comme citoyennes, façon démocratie participative, le message politique est totalement verrouillé : la partie concrètement participative se limite à des rubriques « envoyez votre avis, » sans possibilité de commenter en direct, et il n’y a aucun espace de discussion ouverte, type forum.
Troisième point commun, ces sites ont tous cessé toute activité après avril 2007, soit la dernière ligne droite de la campagne présidentielle.
L’on observe donc, en guise d’associations « apolitiques » qui veulent mobiliser les électeurs des banlieues, des structures aux sites Internet très professionnels, à la communication verrouillée, qui obtiennent sans peine des interviews exclusives de dirigeants socialistes, et dont l’activité s’interrompt brutalement une fois passé le premier tour de la présidentielle.
En d’autres termes, ce qui était en surface un effort associatif citoyen pour inciter les électeurs de banlieue à aller voter s’avère être, en réalité, une opération politicienne socialiste de racolage électoral sans lendemain.
En plus court : du foutage de gueule.
Thomas Guénolé
11:00 Publié dans Réveil des quartiers populaires | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : banlieue, banlieues, associations de banlieue




