07 septembre 2007
L'hommage aux "morts pour rien."

(image tirée du blog de créations visuelles Timeodanosetdonaferentes)
Cette semaine, nous vous proposons un retour sur les émeutes de banlieues de novembre 2005, à travers la culture et les médias des quartiers populaires.
Nous commençons par un article de Wikipedia, très complet, consacré à ces émeutes. Il permet de situer rapidement les choses : le contexte, le traitement médiatique, l’interprétation des motivations des émeutiers, la gestion politique de la crise, le bilan des dégâts, et les ré&actions internationales.
Nous vous proposons ensuite un article de « Respect Mag » sur le CD "Morts pour rien" réalisé collectivement par 164 rappeurs – 164, vous avez bien lu – pour rendre hommage à Zyed Benna et Bouna Traoré. Il s’agit des deux adolescents morts par électrocution dans l'enceinte d'un poste source électrique alors qu'ils étaient poursuivis par la police, ces deux morts ayant déclenché les émeutes.
Nous vous donnons accès pour conclure à un extrait de ce CD collectif.
Bon visionnage !
Lire l’article de Wikipedia sur les émeutes de 2005.
Lire l’article de « Respect Mag » sur le CD des 164 rappeurs.
Visionner l'extrait du CD collectif des 164, "Morts pour rien".
11:00 Publié dans Réveil des quartiers populaires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : banlieues, émeutes, morts pour rien
31 août 2007
Mot d'excuses à nos lecteurs.
Cette semaine, exceptionnellement, pas de parution de notre rubrique "Réveil des quartiers populaires."
Nous vous présentons nos sincères excuses pour ce manque par rapport à nos habitudes de publication : entre GroZbulles, la vie professionnelles et familiale, et surtout le temps passé dans notre projet d'entreprise (http://www.cyber-lycee.com), cette semaine-ci je n'ai pas trouvé le temps de rédiger l'article.
Ceci dit, si vous avez vous-même un élément de la culture des banlieues à faire découvrir, n'hésitez pas à le poster à la suite de ce commentaire. ;-)
Fidèlement,
Thomas
18:38 Publié dans Réveil des quartiers populaires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25 août 2007
Associations de banlieue : le grand foutage de gueule.
Cette semaine, notre rubrique « Réveil des quartiers populaires » est un coup de gueule.
Entre les émeutes de 2005 et l’élection présidentielle de 2007, les médias ont abondamment parlé des associations militant pour que les habitants des banlieues s’inscrivent sur les listes électorales, et pensent à aller voter. Encore à l’heure actuelle, c’est d’ailleurs sur ce type d’associations que l’on tombe en cherchant des associations de banlieue sur Internet.
Or tous ces sites ont au moins 3 points communs.
Premier point commun, ces sites se présentent comme « apolitiques, » mais renvoient tous plus ou moins directement au PS, et plus rarement à Olivier Besancenot. Interviews exclusives de Jack Lang ou de François Hollande, liens vers des associations connues comme étant des satellites du PS comme « SOS Racisme, » agendas d’événements remplis de réunions en présence de Ségolène Royal, etc. : le contenu est systématiquement orienté.
Second point commun, ces sites ont un design de qualité élevée et leur communication est verrouillée. Sachant la difficulté technique que cela représente d’arriver à ce niveau de design, le caractère systématique de la qualité obtenue a quelque chose de suspect, surtout comparé à la norme de qualité des sites Internet associatifs. En outre, alors même que ces associations se présentent comme citoyennes, façon démocratie participative, le message politique est totalement verrouillé : la partie concrètement participative se limite à des rubriques « envoyez votre avis, » sans possibilité de commenter en direct, et il n’y a aucun espace de discussion ouverte, type forum.
Troisième point commun, ces sites ont tous cessé toute activité après avril 2007, soit la dernière ligne droite de la campagne présidentielle.
L’on observe donc, en guise d’associations « apolitiques » qui veulent mobiliser les électeurs des banlieues, des structures aux sites Internet très professionnels, à la communication verrouillée, qui obtiennent sans peine des interviews exclusives de dirigeants socialistes, et dont l’activité s’interrompt brutalement une fois passé le premier tour de la présidentielle.
En d’autres termes, ce qui était en surface un effort associatif citoyen pour inciter les électeurs de banlieue à aller voter s’avère être, en réalité, une opération politicienne socialiste de racolage électoral sans lendemain.
En plus court : du foutage de gueule.
Thomas Guénolé
11:00 Publié dans Réveil des quartiers populaires | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : banlieue, banlieues, associations de banlieue
18 août 2007
A la découverte du clash.

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir le "clash", une pratique culturelle extrêmement courante entre rappeurs des quartiers. Concrètement, il s'agit d'un défi verbal entre deux rappeurs, en présence d'un public. Cela permet de se la péter, de touler des mécaniques, mais aussi de faire de véritables improvisations de textes pour prouver son talent.
A l'origine, le clash vient des Etats-Unis, où il est très pratiqué : le film "8 Mile" avec le rappeur Eminem comporte d'ailleurs de nombreuses scènes de ce genre de "duel". Il s'est par la suite exporté en France. Pour ceux qui connaissent le chanteur français Sinik, sa chanson à grand succès "l'Assassin" est un bon exemple de cette pratique dans sa version française.
Pour cette découverte du clash, nous commençons par un article complet sur le clash plutôt spectaculaire entre les rappeurs français Booba et Sinik, avec tous les détails nécessaires pour comprendre la démarche. Nous vous donnons ensuite un accès au clip de "l'Assassin", la chanson de Sinik qui est un exemple de clash. Enfin, nous indiquons un lien vers un site de clash, où des internautes viennent se clasher les uns les autres sur un forum.
Bon visionnage !
Lire l'article sur le clash entre Booba et Sinik.
Voir le clip de "l'Assassin" :
16:04 Publié dans Réveil des quartiers populaires | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : clash, rap, hip-hop, banlieue, sinik, booba
11 août 2007
Sefyu : la banlieue en noir et blanc.

Cette semaine, nous vous proposons une interview du chanteur Sefyu, originaire d'Aulnay-sous-bois (banlieue parisienne). Cette interview a été originellement publiée sur le site "Afrik.com", et aborde la question des préjugés sur les banlieues.
A noter que suite au succès de son single "En noir et blanc", tiré de l’album Qui suis-je et dont le clip l'associe à Lilian Thuram, l’artiste de 26 ans a créé En noir et blanc.fr, un site destiné à recueillir les témoignages sur la diversité en milieu urbain.
Nous rejoignons les constats que dresse Sefyu dans l'interview ci-dessous. Nous avons donc décidé de soutenir son initiative dans la mesure de nos modestes moyens, en ajoutant En noir et blanc.fr à notre blog-roll de blogs recommandés par GroZbulles. N'hésitez pas à y faire un tour et à faire circuler l'adresse !
Enfin, nous ajoutons ici un accès au clip de la chanson "En noir et blanc," diffusée su dailymotion, suivi du texte de ses paroles.
Bon visionnage !
Les auteurs de GroZbulles
Voir l'interview de Sefyu par Afrik.com
Visiter le site En noir et blanc.fr
Visionner le clip de la chanson "En noir et blanc" :
Sefyu et Lilian Thuram
REFRAIN:
Mes origines sont en panique,
J'ai fouillé dans toutes les poches du monde, y'a que du trafic.
Ben vas-y oh!
Mon coeur a suivi sa logique,
Il faut se mélanger, dans la mixité y'a rien de tragique.
Ben vas-y oh!
Dans la vie y'a tout de pratique,
Moi j'dis que rien est magique et puis le racisme fatigue.
Ben vas-y oh!
De Fresnes à Fleury-Mérogis,
Même si t'es enfermé que tu te sens seul dis-toi que t'existes.
Ben vas-y oh!
1er couplet:
C'est le récit de la brise et d'la braise,
Bise d'une société opprise d'une guerre en guise de crise,
Synonyme de paix.
Vendue, la life me fait marcher, elle pue des pieds.
Si seulement sa saleté était propreté.
Seulement ici bas, on met les scies avec les cure-dents,
Cultive la différence, ma couleur teintée dans l'accident.
J'ai crié l'espoir dans l'oreille du vent muet.
Sourd de son, ma lassitude l'a ému, ouais,
Ricane de l'épouvante, les plaisirs mènent à l'extrême.
La joie de la naissance, sperme d'une jouissance hémophile.
Naissance d'un cocktail humain.
Nos mains ont tous des traits.
J'vois les traits de ton désarroi quand je retrace mon caractère.
Quoi man?
Confrontez vos cultures. Amen c'est Amine, même sang.
Nostalgie, j'vois en noir et blanc.. .
REFRAIN
2e couplet:
Noir dans un drap blanc ou Blanc dans une vie noire.
La lumière blanche s'éteint te laissant dans le noir.
Métisses neutralisés entre les deux camps.
Victimes d'un regard neutre, réalisé par ses deux sangs, ses parents.
Du noir déteint sur du blanc, font du gris.
Dans le schéma de la vie, ça provoque ouragans, des guerres et des pluies.
Le blanc affilié à drogue coke, blanche noire.
Accusé de sombre et du meutre vers 3h du mat'.
L'obscurité cache de mauvaises choses, j'l'ai cru.
L'avenir blanc comme neige, j'y crois plus depuis mon vécu.
La vie au rouge plus du blanc font du rose arrosé au rosé.
Le noir plus du rouge font du rouge foncé.
Le coeur en sang rouge comme toi, elle, lui et l'autre, vous, nous, ils.
T'as le même que celui qui ? t'votre?.
Arabes, Africains, Français, Antillais, Latins, Asiatiques, HaÏtiens,
La mort n'a pas de frein à main.
REFRAIN
3e couplet:
Mariages forcés de religion, d'ethnie ou de peau.
Réunis, la déception, ta mélanine n'a pas de peau.
Dis-moi, qu'est-ce que tu reproches à Youssouf et Mélanie?
Un amour unanime, proches, de peur qu'on les nomme inhumains.
Jusque dans l'âme, vas-y rumine ta rancoeur bonhomme.
J'met l'tarot dans les pommes, l'amour n'a pas de somme.
En somme, j'ai vaincu l'épée, vaincue par le baiser.
L'homme taillé comme un bison troque sa lame pour les larmes usées.
Le visage pâle, lésé de magie noire visée.
La rabageoise vision, celui qui vit mal ta joie.
L'amour et la mort sont deux extrêmes qui s'kiffent à mort.
Le noir et le blanc sont complémentaires, kif-kif.
Bleu-Blanc-Rouge, Vert-Jaune-Rouge, Black-Blanc-Beur, Noir-Blanc-Jaune,
Nuit et jour confrontez vos cultures, Amen c'est Amine, même sang.
Nostalgie, j'vois en noir et blanc.. .
REFRAIN x3
11:00 Publié dans Réveil des quartiers populaires | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sefyu, banlieue, racisme, mixité, diversité
04 août 2007
Les émeutes de 2005 n'étaient pas de la délinquance.
Plus de bitume donc encore moins d'espace
Vital et nécessaire à l'équilibre de l'homme
Non personne n'est séquestré, mais c'est tout comme
C'est comme de nous dire que la France avance alors qu'elle pense
Par la répression stopper net la délinquance
S'il vous plaît, un peu de bon sens
Les coups ne régleront pas l'état d'urgence
A coup sûr...
Ce qui m'amène à me demander
Combien de temps tout ceci va encore durer
Ca fait déjà des années que tout aurait dû péter
Dommage que l'unité n'ait été de notre côté
Mais vous savez que ça va finir mal, tout ça
La guerre des mondes vous l'avez voulue, la voilà
Mais qu'est-ce, mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ?
Mais qu'est-ce qu'on attend pour ne plus suivre les règles du jeu ?
Comme le veut la société, c'est un fait
Mais il est temps que cela cesse, fasse place à l'allégresse
Pour que notre jeunesse d'une main vengeresse
Brûle l'état policier en premier et
Envoie la république brûler au même bûcher,
Ouais !
Notre tour est venu, à nous de jeter les dés
Décider donc mentalement de s'équiper
Quoi t'es mirro, tu vois pas, tu fais semblant, tu ne m'entends pas
Je crois plutôt que tu ne t'accordes pas vraiment le choix
Beaucoup sont déjà dans ce cas, voilà pourquoi cela finira dans le désarroi
Désarroi déjà roi, le monde rural en est l'exemple
Désarroi déjà roi, vous subirez la même pente, l'agonie lente
C'est pourquoi j'en attente aux putains de politiques incompétentes
Ce qui a diminué la France
Donc l'heure n'est plus à l'indulgence
Mais aux faits, par le feu, ce qui à mes yeux semble être le mieux
Pour qu'on nous prenne un peu plus, un peu plus au sérieux !!!
Nous n'avons rien à perdre, car nous n'avons jamais rien eu ...
A votre place je ne dormirais pas tranquille
La bourgeoisie peut trembler, les cailleras sont dans la ville
Pas pour faire la fête, qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu
Allons à l'Elysée, brûler les vieux
Et les vieilles, faut bien qu'un jour ils paient
Le psychopathe qui sommeille en moi se réveille
Où sont nos repères ?
Qui sont nos modèles ?
De toute une jeunesse, vous avez brûlé les ailes
Brisé les rêves, tari la sève de l'espérance.
Oh ! quand j'y pense
Il est temps qu'on y pense, il est temps que la France
Daigne prendre conscience de toutes ces offenses
Fasse de ces hontes des leçons à bon compte
Mais quand bien même, la coupe est pleine
L'histoire l'enseigne, nos chances sont vaines
Alors arrêtons tout, plutôt que cela traîne
Ou ne draine même, encore plus de haine
Unissons-nous pour incinérer ce système
11:00 Publié dans Réveil des quartiers populaires | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : NTM, émeutes, banlieue, quartiers populaires




