22 octobre 2007
La « question Guy Môquet »
C'est aujourd'hui 22 octobre que doit être lue, dans tous les lycées de France, la fameuse lettre de Guy Môquet. Parce que nous estimons qu'il y a là une manipulation et une instrumentalisation de l'Histoire par le pouvoir politique, nous publions le billet ci-dessous que nous a adressé François-Xavier Bernard, Vice-Président des Jeunes Démocrates de l'Aisne.
Cette démystification de la « question Guy Môquet » sera notre modeste contribution à cette journée de commémoration.
Les auteurs de GroZbulles
Conformément au vœu de Nicolas Sarkozy, le ministre de l’Education Xavier Darcos a demandé à tous les proviseurs d’organiser dans leur lycée, le lundi 22 octobre, un hommage aux héros de la Résistance : à l’occasion de cette commémoration, les personnels éducatifs sont censés lire aux élèves des lettres de résistants français, et notamment la fameuse lettre de Guy Môquet, ce jeune communiste fusillé à l’âge de 17 ans. Dans les instructions officielles envoyées par monsieur Darcos, le « dévouement » de ces jeunes martyrs est présenté comme un « formidable exemple pour les jeunes d’aujourd’hui » (sic). Les problèmes assez graves posés par cette commémoration suffisent à expliquer pourquoi tant de professeurs y sont hostiles.
Tout d’abord la méthode employée par le président de la République est tout à fait contestable : la lecture de cette lettre aux élèves n'a pas été décidée par la Commission des programmes, mais par le président de la République en personne. Or, les enseignants n'ont en principe aucune instruction à recevoir de la part du chef de l'Etat (en tout cas depuis la fin du régime de Vichy !). Ils n’ont donc pas vocation à exécuter les desiderata de monsieur Sarkozy.
Mais outre la méthode, il y a aussi un problème sur le fond. Présenter Guy Môquet comme un héros de la Résistance relève soit de l’ignorance, soit du révisionnisme ! Il est urgent et nécessaire de préciser que Guy Môquet n’a jamais été à proprement parler un résistant : il y a par conséquent un gros contre-sens historique à propos de cette fameuse lettre. Guy Môquet n'a jamais participé à aucun mouvement de Résistance, et pour cause : il a été arrêté en 1940, avant que les premiers mouvements de résistants ne se soient organisés. Guy Môquet fut incontestablement un otage, un martyr, une victime du nazisme. Mais il n'était pas résistant, et aucun historien sérieux ne l'a jamais dépeint comme un résistant.
Rappelons que Guy Môquet était un jeune militant communiste. Comme beaucoup d'autres communistes, il a dénoncé le nazisme et la collaboration. Comme beaucoup d'autres communistes, il a été arrêté à cause de ses convictions. Comme beaucoup d'autres communistes, il a été fusillé. Mais si tragique que soit cette mort, Guy Môquet n’en est pas pour autant un résistant (à moins que l'on considère comme "résistants" toutes les victimes du nazisme et de la collaboration !). Guy Môquet a été fusillé par les nazis le 22 octobre 1941, avec un groupe de prisonniers communistes, en guise de représailles suite à l'exécution d'un commandant allemand par des militants communistes : Guy Môquet a donc été exécuté pour un acte qu'il n'avait pas commis.
Si l'on rend hommage à Guy Môquet, c'est parce qu'il est mort très jeune (à 17 ans), et parce qu'il nous a laissé une lettre très émouvante, qui constitue au demeurant un précieux témoignage historique. Mais il est inacceptable d'ériger Guy Môquet en symbole de la Résistance. Monsieur Sarkozy a tout faux.
Dernière chose : au-delà de cette fâcheuse habitude qu’a prise Nicolas Sarkozy de récupérer, à des fins politiques, certaines figures du passé (Jaurès, Blum, Guy Môquet, etc.), il y a dans la démarche du président une dangereuse confusion entre histoire et mémoire. L’histoire est une science, elle s’enseigne. La mémoire n’a rien de scientifique, elle ne s’enseigne pas, elle repose sur un sentiment, une émotion collective : cette émotion, même si elle est compréhensible et légitime, n’a pas sa place à l’école. La mission d’un enseignant est de transmettre des savoirs et de former des citoyens capables de penser par eux-mêmes ; ce n’est certainement pas de leur dire qui ils doivent admirer, à quels hommes du passé ils doivent rendre hommage, ni quels hommes ils doivent prendre pour modèles.
François-Xavier Bernard
Vice-Président des Jeunes Démocrates de l’Aisne
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12 octobre 2007
Primaires au MoDem : pourquoi les faire, et comment les faire.
Le problème des investitures électorales peut facilement gangréner la vie d’un mouvement politique. Nous devons donc dès le départ adopter en la matière une règle claire, simple, et valable pour tous. Du fait de nos valeurs, cette règle doit être la plus démocratique possible.
Des candidats élus plutôt que des candidats désignés : le pourquoi.
Lorsque les candidats d’un parti aux différentes élections sont investis par une commission, un bureau, ou toute autre autorité qui revient à les faire désigner par le sommet du parti, les conséquences sont presque exclusivement négatives. Avant que les investitures soient décidées, cela provoque immanquablement des jeux de cour, des situations de concurrence mal assumée et donc malsaine, et une tendance bien compréhensible pour tout aspirant candidat à privilégier sa visibilité envers le siège central du parti plutôt que le soutien des adhérents concernés par l’élection à laquelle il veut se présenter. Après que les investitures aient été décidées, cela provoque tout aussi immanquablement des frustrations, des aigreurs, dans les cas les plus extrêmes des retraits de la vie du parti, et des situations d’illégitimité de candidats vis-à-vis de la base militante. Par ailleurs, ce mode de fonctionnement rend plus élevé le risque de candidatures dissidentes, qui ont beau jeu de dénoncer une procédure de désignation insuffisamment démocratique.
A l’inverse, lorsque les candidats d’un parti aux différentes élections sont investis par un vote des adhérents concernés par l’élection (1), la légitimité de ces candidats vis-à-vis de la base militante est inattaquable. En outre, les jeux de cour et autres compétitions larvées disparaissent au profit de concurrences franches, donc saines, pour être départagés par le vote d’investiture. Cette procédure a par ailleurs le mérite d’être en parfaite adéquation avec nos valeurs : elle responsabilise les adhérents du parti en faisant d’eux les seuls décideurs de qui sera candidat et qui ne le sera pas ; elle ouvre le jeu, dans la mesure où chacun a sa chance face au vote des adhérents ; elle repose sur un principe démocratique fort, qui est la spécificité majeure de notre mouvement. Le seul inconvénient est de perdre la possibilité pour le siège central de « parachuter » pour une élection donnée une personne à forte notoriété, qui peut attirer davantage d’électeurs qu’un candidat d’envergure plus locale. Toutefois, le parachutage et une stricte règle démocratique d’investiture ne sont pas incompatibles : il suffit que la personne à forte notoriété se présente à la primaire pour obtenir le vote des adhérents que concerne l’élection.
Garantir une compétition équitable entre aspirants candidats : le comment.
Cela étant, il ne suffit pas de décider que tout candidat de notre mouvement à une élection est choisi par un vote des adhérents concernés. Il faut également garantir que la compétition entre aspirants candidats soit équitable, sans quoi l’application pratique de cette règle se transformera rapidement en mascarade. En d’autres termes, il faut garantir que chaque aspirant candidat dispose des mêmes moyens pour communiquer auprès des adhérents concernés par l’élection. On pense en particulier aux listes de coordonnées téléphoniques et d’adresses mail, dont la détention fait régulièrement dans tous les partis l’objet de manœuvres d’arrière-salle : si un des aspirants candidats détient les coordonnées de tous les adhérents qui vont voter, et que les autres ne les ont pas, le jeu démocratique est dénaturé.
Si on exclut l’option du libre accès de tous au listing des adhérents du mouvement (2), la solution à la fois la plus simple et la plus fiable est de décider que, pour chacune des diverses « primaires » de notre mouvement :
- les aspirants candidats envoient au siège central leur profession de foi de candidature et un résumé de leurs propositions programmatiques ;
- les aspirants candidats sont libres de tenir par ailleurs des blogs, sites Internet, forums, etc. donnant davantage de visibilité à leur candidature ;
- ces documents sont systématiquement envoyés aux adhérents concernés par l’élection ;
- l’échelon de l’organisation du mouvement qui est concerné par l’élection organise une série de débats entre les candidats, auxquels tous les adhérents concernés par l’élection sont conviés ;
- les autres formes de campagne (démarchage téléphonique sauvage, envoi massif d’e-mails, etc.) sont interdites durant la « primaire » ;
- s’ils estiment qu’il y a eu un manquement aux règles, les aspirants candidats peuvent déposer plainte auprès d’une autorité d’arbitrage (3), qui a le pouvoir d’invalider le vote et de prendre des sanctions disciplinaires (4).
Les candidats à élire par listes nationales : législatives, sénatoriales et européennes.
Trois cas particuliers sont à souligner : les élections législatives, les élections sénatoriales, et les élections européennes. Dans les trois cas, les candidatures se font à l’échelle de circonscriptions, mais dans les trois cas, l’enjeu du scrutin est national, pas local. Il apparaît donc logique que, plutôt qu’un vote des adhérents de chaque circonscription pour élire le candidat qui s’y présente, la règle soit de faire départager par tous les adhérents du mouvement des listes nationales de candidats à ces élections.
Des primaires systématiquement un an avant les élections concernées.
En outre, afin de laisser aux candidats choisis in fine le temps de se préparer au scrutin, une règle simple consistera à décider que les primaires des différentes élections ont systématiquement lieu un an avant la date prévue de ces élections.
Thomas Guénolé
(1) Les adhérents de chaque ville pour les élections municipales, les adhérents de chaque région pour les élections régionales, les adhérents de chaque canton pour les élections cantonales, et tous les adhérents pour les élections présidentielle, législatives, sénatoriales et européennes. A noter que dans certains cas (en particulier les municipales), ce sont des listes d’aspirants candidats que les adhérents auront à départager.
(2) Cela poserait le problème du risque réel de diffusion sauvage des coordonnées d’adhérents qui ne souhaitent pas cette diffusion.
(3) Par exemple une commission d’arbitrage de 5 membres, élus par les adhérents sur proposition du président du mouvement.
(4) Par exemple exclure du nouveau vote le ou les aspirants candidats qui n’ont pas respecté les règles, suspendre de leurs fonctions les cadres du mouvement ayant favorisé tel ou tel candidat, et prononcer des exclusions pour les cas les plus graves.
11:00 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : modem, primaires, municipales
22 septembre 2007
MoDem et solidarité.
En devenant membres de notre mouvement, nos adhérents rejoignent des valeurs, des idées, mais plus largement, ils rejoignent un projet de société et expriment ainsi leur souhait que ce projet de société s’accomplisse. Il est donc capital que se nouent entre eux des solidarités qui correspondent à ce projet de société, avant même que notre mouvement arrive au pouvoir.
Indépendamment de la solidarité d’Etat, nos adhérents font partie de réseaux de solidarité qui peuvent être selon les cas, séparément ou tout à la fois, leur famille, leurs amis, les associations et clubs dont ils sont membres, ou encore les organisations confessionnelles dont ils font partie. L’idée est d’ajouter à ces réseaux de solidarité celui de leur appartenance à notre mouvement, impliquant que chaque adhérent qui le souhaite aide les autres adhérents dans la mesure de ses moyens, ou est si besoin aidé lui-même. Cette solidarité au sein de notre mouvement n’apparaîtra que si nous en faisons explicitement un des axes forts de son fonctionnement.
Une forme très simple de cette solidarité pourrait être l’apparition d’un système de petites annonces propres à notre mouvement, réservé à nos membres, où chaque adhérent pourrait indiquer le type d’aide ou de simple coup de main dont il est demandeur. Une forme plus aboutie de cette solidarité pourrait être l’apparition de délégués à la solidarité à tous les niveaux de notre organisation. Ces délégués auraient pour tâche de mettre en place et de faire vivre, chacun à leur niveau territorial de responsabilité, des réseaux actifs de solidarité en s’appuyant sur les adhérents volontaires pour participer à cet effort. Il deviendrait de fait rapidement normal pour un membre de notre mouvement ayant besoin d’aide, plutôt que de se tourner directement vers le milieu associatif, de faire appel à l’un de ces délégués.
Dans tous les cas, l’apparition de tout ou partie de ces formes de solidarité aurait pour conséquence de changer la nature de notre mouvement : en plus d’un rassemblement de citoyens sur une convergence de valeurs et d’idées, être également pour les adhérents qui le souhaitent une communauté d’entraide. L’existence de cette dimension dans notre mouvement constituerait donc un militantisme politique par l’exemple, en plus d’un fort facteur d’intégration.
Thomas Guénolé
11:00 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, solidarité
21 septembre 2007
Pétition contre le contrôle génétique des immigrés
Depuis son lancement en mars 2007, c'est la seconde fois que GroZbulles prend fait et cause pour une pétition. Nous ne faisons cela que rarement, puisque ce n'est pas la vocation première d'un blog de satire politique et de militantisme démocrate. Toujours est-il que cette fois encore, la cause le justifie.
Lors de l'examen d'un projet de loi sur l'immigration, l'Assemblée nationale a adopté un amendement qui permet d'opérer des tests ADN sur les candidats à l'immigration par regroupement familial.
Laissez-nous le réécrire : l'Assemblée nationale a adopté un amendement qui permet d'opérer des tests ADN sur les candidats à l'immigration par regroupement familial. Des tests ADN sur des personnes n'ayant commis aucun délit. Des tests ADN a priori, une suspicion par principe appuyée sur l'examen génétique.
L'argument avancé pour faire passer cette mesure est connu. Nous estimons, nous, que justifier une mesure moralement indéfendable par son efficacité ne lui ôte rien de son immoralité. Tant pis si, dans ses tours de passe-passe habituels, le gouvernement qualifiera des positions comme les nôtres de "droits-de-l'hommisme" irresponsable.
Nous vous donnons donc accès à la pétition de Sauvons la Recherche contre le contrôle génétique de l'immigration. Nous vous demandons de la lire et, si vous êtes d'accord avec son contenu, de la signer.
Accéder au texte de la pétition : Non au contrôle génétique de l’immigration.
Accéder au communiqué de la Ligue des droits de l'Homme : les étrangers sont-ils des êtres humains de seconde zone ?
13:00 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : immigration, hortefeux, tests ADN, contrôle génétique, droits de l'homme, LDH
15 septembre 2007
Quelles alliances pour le MoDem ?
La question de nos alliances avec d’autres partis politiques est un double danger. Non seulement elle pourrit, au sens propre, la vie naissante de notre mouvement, mais elle représente, en plus, un risque mortel pour notre existence si elle est traitée de la mauvaise façon. Il est donc urgent de se débarrasser de ce problème.
Avec quels autres partis politiques devons-nous nous allier ? Répondre à cette question de façon tranchée, systématiquement au profit de tel ou tel parti, c’est mettre notre existence elle-même en danger. Quoi que nous répondions, nous réintégrons le jeu du clivage gauche-droite, soit en redevenant le complément de centre-droit de la droite, soit en devenant le complément de centre-gauche de la gauche. En d’autres termes, répondre à cette question de façon tranchée, c’est contredire notre propre identité et tuer le centre. Par ailleurs, si nous répondons « alliance à droite », nous perdons le soutien des citoyens qui approuvent notre indépendance vis-à-vis de l’UMP, et si nous répondons « alliance à gauche, » nous perdons celui des citoyens qui refusent que nous ayons rompu avec l’inféodation à la droite pour tomber dans l’inféodation à la gauche. Il est donc à la fois conforme à nos valeurs et conforme à notre intérêt politique de refuser l’alliance systématique, l’alliance d’office, avec tel ou tel parti.
La règle appliquée sur la question des alliances ne peut donc pas être l’alliance systématique avec tel ou tel parti.
Cela étant, en rester là dans notre raisonnement, c’est ne pas résoudre le problème, ce qui ne peut que pourrir la vie naissante de notre mouvement. L’incertitude, le flou, l’absence de règle claire, amèneraient pour l’avenir un scénario catastrophe que nous avons déjà douloureusement vécu au second tour de la présidentielle et des législatives : faute de règle claire, et du fait d’un désaccord de fond sur la question des alliances, certains prennent fait et cause pour la droite, d’autres prennent fait et cause pour la gauche, et tous se revendiquent du centre, ce qui crée une cacophonie qui rend notre message politique illisible. Elément aggravant, cela génère des hémorragies de cadres qui rejoignent d’autres partis, ce qui fragilise l’organisation de notre mouvement.
Donc, si la règle appliquée sur la question des alliances ne peut pas être l’alliance systématique avec tel ou tel parti, nous ne pouvons néanmoins pas nous passer d’une règle claire et permanente.
La solution réside dans nos propres valeurs :
- nous sommes partisans de l’ouverture et du rassemblement, donc nous pouvons gouverner, à tout échelon de pouvoir, avec tout parti républicain et démocratique ;
- nous sommes partisans du retour de l’éthique en politique, donc nous pouvons gouverner avec tout partenaire dès lors que nous fixons avec lui un contrat de gouvernement compatible avec nos propres valeurs ;
- nous sommes des démocrates, donc une décision aussi cruciale que la question des alliances ne peut être prise que par un vote, celui de nos adhérents ;
- nous sommes des démocrates, donc à toute élection à deux tours, nous devons aller chercher l’onction démocratique en présentant notre propre candidature au moins au premier tour ;
- nous sommes d’inspiration fédéraliste, que ce soit au niveau européen ou au niveau national, donc toute décision doit être prise au plus petit échelon nécessaire et suffisant.
Si l’on résume ces éléments à leurs conséquences pour notre stratégie d’alliances :
- nous pouvons gouverner, à tout échelon de pouvoir, avec tout parti républicain et démocratique ;
- nous pouvons gouverner avec tout partenaire dès lors que nous fixons avec lui un contrat de gouvernement compatible avec nos propres valeurs ;
- une décision aussi cruciale que la question des alliances ne peut être prise que par un vote, celui de nos adhérents ;
- à toute élection à deux tours, nous devons aller chercher l’onction démocratique en présentant notre propre candidature au moins au premier tour ;
- toute décision doit être prise au plus petit échelon nécessaire et suffisant.
Afin d’être conforme à ce que nous sommes, la règle pour nos alliances devrait donc logiquement suivre trois principes clairs :
- le MoDem présente systématiquement son ou ses candidats au 1er tour de toute élection (a fortiori s’il n’y a qu’un seul tour de scrutin) ;
- après le 1er tour, les alliances du MoDem sont négociées par l’instance du MoDem qui correspond le mieux au niveau de pouvoir concerné par l’élection (bureau national pour l’élection présidentielle et les élections législatives ; bureaux régionaux pour les élections régionales ; etc.) ;
- les choix d’alliances du MoDem sont validés par un vote des adhérents de l’instance du MoDem qui a négocié ces choix d’alliances (tous les adhérents pour les élections présidentielle et législatives, les adhérents de la région pour les régionales, etc.).
Thomas Guénolé
11:00 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : révolution démocrate, modem, bayrou, udf
08 septembre 2007
La cible du MoDem : un « 21-Avril constructif. »
Nous sommes dans la même situation que le Front National des années 1990 et du début des années 2000.
Comme le FN de l’époque, c’est un discours clairement antisystème qui nous a fait connaître une formidable percée électorale : les 19% de 2007. Comme le FN de l’époque, nous avons un leader incontesté porteur d’un message à contre-courant. Comme le FN de l’époque, nous rassemblons peu à peu les déçus du système, les laissés pour compte, ceux qui ne croient plus au « monopole à deux » UMP-PS. Et comme le FN de l’époque, parce que nous voulons changer les règles du jeu qui verrouillent le système, nous sommes boycottés par ce système : microscopique présence médiatique sans rapport avec notre score de 2007, et duopole UMP-PS qui n’envisage le dialogue avec nous que quand il ne peut pas faire autrement pour gagner telle ou telle élection.
L’analogie ne s’arrête pas là. Comme le FN de l’époque, nous subissons régulièrement des départs de hauts cadres de notre mouvement, qui rejoignent un des partis du duopole par hâte de faire progresser leur carrière politicienne . Comme le FN de l’époque, nous avons acquis une base militante forte et très motivée, mais nous manquons d’une organisation rationalisée de tout notre mouvement. Comme le FN de l’époque, nous manquons en particulier de hauts cadres dont la présence puisse rendre notre mouvement plus stable, et mieux structuré. Et comme le FN de l’époque, notre effort de militantisme, bien que largement enthousiaste, manque de professionnalisme, et manque en particulier d’une culture de la formation des militants.
Il est logique que notre situation soit à ce point comparable à celle du FN des années 90 et du début des années 2000. En effet, le MoDem est, comme lui, un mouvement construit sur le tas, autour du message radical de changement des règles du jeu lancé par un meneur antisystème. Nous rencontrons donc les mêmes problèmes que lui, les mêmes obstacles, et les mêmes désavantages.
Notre différence fondamentale avec le FN de l’époque, c’est que nous construisons une révolte constructive. Si nous sommes dans la même situation politique que lui, idéologiquement en revanche, nous sommes son exact contraire. Nous nous proposons d’organiser et de faire triompher une révolte d’ouverture, et pouvant déboucher sur l’arrivée au pouvoir, alors que lui se proposait d’organiser et de faire triompher une révolte fermée, et débouchant sur une impasse.
Etant dans la même situation que le FN des années 1990 et du début des années 2000, mais avec une idéologie contraire, notre objectif doit donc être d’arriver au même résultat de révolte que lui, mais au nom d’une idéologie contraire. Notre but doit être, au nom d’une révolte d’ouverture, de décrocher la qualification au second tour de l’élection présidentielle, afin de faire sauter le duopole UMP-PS.
Notre objectif permanent, notre cap, doit donc être de provoquer un « 21 avril constructif. »
Thomas Guénolé
12:00 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : modem, révolution orange, révolution démocrate, bayrou, udf
01 septembre 2007
MoDem : des démocrates, pas des centristes !
Nous ne sommes plus des centristes, installés au centre-droit : nous sommes des démocrates, installés au centre.
En politique plus que partout ailleurs, les mots ont un sens, et plus ils sont utilisés, plus ils prennent une connotation presque plus importante que leur sens. Par exemple, le mot « mondialisation » signifie « développement de liens d'interdépendance entre hommes, activités humaines et systèmes politiques à l'échelle du monde. » Et au fil de son utilisation, il a renvoyé en plus à un débat politique sur l'extension supposée du raisonnement économique à toutes les activités humaines, et la question de savoir comment la combattre ou en modifier le cours. Il en va de même pour les mots « centrisme » et « centriste » : ils ont pris un sens, et surtout une connotation. Ils renvoient au centre-droit, à ce concept d’une version modérée de la droite qui la tempère et lui sert de force d’appoint. Ils renvoient à une mouvance tiède, hésitante, qui ne sait pas ce qu’elle veut et n’a aucune conviction ancrée. Par ailleurs, le terme « centriste » est un mot fermé : il renvoie à l’idée qu’on prône le centrisme à l’exclusion de tout le reste, de la même manière que le mot « socialiste » renvoie à l’idée qu’hors du socialisme point de salut.
Accepter d’être appelés « centristes » serait possible si nous étions toujours, comme l’ancienne UDF a pu l’être, cette version modérée de la droite qui la complète et l’équilibre. Or la campagne présidentielle de 2007, et la fondation du MoDem qui s’ensuivit, a fait de nous mouvement profondément démocratique, indépendant et antisystème, qui propose de nouvelles règles du jeu politique. L’appellation « centristes », et le mot même « centrisme », ne nous correspondent donc pas, et nous devons les refuser l’un et l’autre.
Par définition, l’appellation qui nous correspond le mieux est celle qui renvoie à ce que nous sommes principalement, essentiellement. Et principalement, essentiellement, nous sommes des démocrates. C’est le souffle de la véritable démocratie contre un système politique verrouillé qui sert de clé de voûte à notre mouvement. Ce sont les principes de l’ouverture et du rassemblement par la démocratie, contre la fermeture et le sectarisme par le clivage gauche-droite, qui sont le moteur de notre mouvement. Et c’est la démocratie véritable, encore elle, qui est appelée à être la spécificité de notre mouvement par rapport au duopole UMP-PS, marqué à droite par le culte du chef, et à gauche par les jeux d’appareil entre chapelles concurrentes. Ce qui nous structure, ce qui nous définit, ce qui est notre identité, c’est la démocratie. Nous sommes donc, non pas des centristes, mais bien des démocrates.
Dans un monde parfait, les mots ont un sens clair et accepté par tous, et qui ne prête ni à confusion ni à polémique. Nous ne vivons pas dans ce monde parfait : la politique inclut en permanence de violentes batailles sur le sens des mots. Par exemple, les partisans de la fermeture contre l’ouverture ont gagné ce type de bataille en donnant à « Europe libérale » le sens de « règne des marchés et de la loi du plus fort. » Autre exemple, la droite a gagné ce type de bataille en associant à l’expression « valeur travail », connotée positivement, des mesures qui profitent d’abord aux plus riches et peuvent nuire aux intérêts des salariés. Dernier exemple, la droite, là encore, a gagné ce type de bataille en associant à l’expression « ouverture », connotée positivement, ce qui reste une vaste entreprise de débauchage politicien.
En aucun cas nous ne pouvons nous laisser enfermer dans ce piège, en nous laissant appeler par des mots qui ne correspondent pas à ce que nous sommes. Or nous ne serons appelés que de la façon dont nous nous laisserons appeler sans réagir.
Nous devons donc assumer et affirmer, à tous les niveaux de la vie de notre mouvement, que nous sommes des démocrates, et non pas des centristes. Cela implique un effort de répétition qui sera sans doute fastidieux, mais indispensable pour que ce changement de dénomination soit intégré dans l’opinion publique.
Thomas Guénolé
12:00 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : modem, révolution orange, révolution démocrate, bayrou, udf, centristes, centrisme
24 août 2007
Le Modem est un parti révolutionnaire.
Il est difficile, pour un mouvement qui fut longtemps une force d’appoint de centre-droit inféodée à la droite, d’assumer que nous sommes des révolutionnaires. C’est pourtant ce que l’élection présidentielle de 2007 a fait de nous.
Contrairement à une idée reçue qui tient beaucoup à notre héritage historique, un mouvement révolutionnaire n’est pas nécessairement un mouvement armé. Au milieu du siècle dernier, aux Etats-Unis, le mouvement des droits civiques, avec pour figure de proue Martin Luther King, était proprement révolutionnaire, puisqu’insurrectionnel vis-à-vis de la ségrégation encore pratiquée dans ce pays : il était néanmoins pacifique. Gandhi est un autre exemple de mouvement révolutionnaire, cette fois pour l’indépendance de son pays, qui s’inscrivit clairement et d’emblée dans la non-violence.
Plus prosaïquement, un mouvement politique est révolutionnaire lorsque, tout à la fois :
- il refuse les règles du jeu politique en vigueur,
- il s’oppose frontalement aux élites qui dominent le système politique, économique et culturel,
- il propose un système politique dont le fonctionnement et les valeurs sont incompatibles avec celui qui est en place,
- il est en rupture de ban d’avec les mouvements politiques qui, eux, défendent le système en place quitte à proposer de le réformer à la marge.
La campagne présidentielle que mena François Bayrou en notre nom à tous remplit ces 4 conditions, de même que l’esprit de la fondation du MoDem qui s’ensuivit. Les règles du jeu politique en vigueur sont bien rejetées, par la dénonciation du verrouillage des institutions et du duopole démocratiquement minoritaire de l’UMP-PS. Il y a bien opposition frontale aux élites qui dominent le système politique, économique et culturel, en particulier par le défi lancé à TF1 en cours de campagne présidentielle et par un discours vigoureusement anti-microcosme parisien. Le système politique proposé, fait d’ouverture, de rassemblement et de déverrouillage, est bien rigoureusement incompatible avec la pratique UMP-PS du choc frontal gauche-droite, de l’esprit de clan, et du verrouillage des grands corps de l’Etat. Enfin, il y a bien rupture de ban d’avec les forces du duopole UMP-PS, puisque le ralliement de hauts cadres de l’ancienne UDF à l’UMP marqua le divorce clair entre les tenants de l’autonomie (un centre-droit qui tempère la droite) et les tenants de l’indépendance (un centre antisystème qui ne s’inféode pas à l’un des deux partis du duopole).
C’est une chose d’être devenus des révolutionnaires dans les faits et dans notre idéologie. C’en est une autre de l’assumer et de l’affirmer publiquement, à tous les niveaux du fonctionnement de notre mouvement. Tant que nous maintiendrons la moindre ambiguïté sur notre positionnement, nous perdrons sur tous les tableaux : non seulement les citoyens partisans des réformes consensuelles douteront de notre esprit réformiste, et se tourneront vers le Nouveau Centre, mais en plus les citoyens partisans d’une révolte pacifique antisystème ne nous rejoindront pas, parce qu’ils douteront de notre souffle révolutionnaire.
Il est donc indispensable, et urgent, de clarifier notre positionnement aux yeux de l’opinion publique. Cela revient concrètement à affirmer, à tous les niveaux de notre discours, que nous sommes bien un mouvement antisystème qui propose de nouvelles règles du jeu politique. En d’autres termes, un mouvement révolutionnaire.
Thomas Guénolé
11:00 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : modem, révolution orange, révolution démocrate, bayrou, udf
22 août 2007
La France vue d'ailleurs... en bien !
Sur une idée de Pascal Lemaire, nous vous proposons un article de la revue Dedefensa. Le sujet : l'opinion sur la France et les Français de sujets britanniques expatriés en France.
L'on pourrait s'attendre aux commentaires habituels diffusés par les cercles parisianistes eux-mêmes : Français xénophobes, chauvins, au mode de vie dépassé, par comparaison avec un modèle anglo-saxon dynamique, performant et si agréable à vivre... Eh bien non !
La France vue d'ailleurs... en bien, c'est par ici !
Thomas
18:31 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : France, modèle anglo-saxon, modèle britannique
17 août 2007
La crise financière pour les nuls.
Comme souvent dans les crises financières, ce qui se passe est simple, mais c’est expliqué avec des termes complexes et en bâclant l’analyse. Or le fait que cette crise soit mal comprise alimente les phénomènes de panique. Essayons donc d’expliquer les choses clairement.
Tout se résume à un effet domino. Imaginez un alignement avec deux dominos posés l’un à côté de l’autre, et une file de dominos derrière eux : les deux premiers tombent, et une réaction en chaîne fait tomber tous les autres après eux.
Aux Etats-Unis, des établissements de crédit prêtent de l’argent à des ménages franchement pauvres. Ces ménages doivent rembourser pendant 2 ans les intérêts du prêt, puis à la fois le prêt et les intérêts la 3e année. Or il y a actuellement beaucoup de ménages qui n’arrivent pas à rembourser. Donc la valeur de ces prêts diminue. C’est l’un des deux premiers dominos.
Aux Etats-Unis, toujours, des établissements de crédit prêtent de l’argent à des ménages américains qui sont propriétaires d’un bien immobilier. C’est ce bien immobilier qui sert de « caution. » Mais ça fait six mois que la demande de biens immobiliers stagne, et du coup, ça fait deux mois que les prix des biens immobiliers baissent. Comme la valeur des biens immobiliers baisse, les établissements de crédit se retournent vers ces ménages pour leur demander de l’argent qu’ils n’ont pas forcément. Ce qui fait que les établissements de crédit ont du mal à maintenir la valeur de ces prêts. Ce qui fait que ces prêts perdent de la valeur. C’est l’autre premier domino.
Ces établissements de crédit ont « titrisé » leurs prêts : en clair, ils en ont fait des produits qu’on peut acheter et vendre en bourse. C’est comme si vous deviez de l’argent à quelqu’un, et que ce quelqu’un revend votre dette à quelqu’un d’autre. Comme la rentabilité promise était élevée, des fonds d’investissement ont acheté ces titres boursiers. Mais comme ces titres perdent de la valeur, ces fonds d’investissement veulent les vendre. Or il n’y a pas d’acheteur, sauf à des prix cassés. C’est le troisième domino.
Pour ne pas avoir des problèmes de trésorerie, ces fonds d’investissement vendent d’autres titres boursiers qu’ils détiennent, des titres qui n’ont rien à voir avec ces prêts. Du coup, non seulement la valeur de ces titres boursiers baisse, mais en plus, les banques auprès desquelles ces fonds avaient acheté ces titres ont beaucoup moins d’argent d’un seul coup. C’est le quatrième domino.
Les banques concernées ayant beaucoup moins d’argent d’un seul coup, elles cherchent à se faire prêter de l’argent par d’autres banques : c’est quelque chose qui se fait tous les jours, et on appelle ça le marché interbancaire. Mais comme chaque banque ignore à quel point les autres banques ont des problèmes, toutes les banques se méfient les unes des autres, et refusent de se prêter de l’argent. Donc des banques de plus en plus nombreuses ont des problèmes de trésorerie. C’est le cinquième domino.
Si de nombreuses banques gardent des problèmes de trésorerie, c’est toute l’activité financière qui peut être endommagée. Donc les banques centrales (américaine et européenne, principalement) prêtent de l’argent aux banques concernées. Le but est de rétablir, à moyen terme, une situation stable. C’est le sixième domino.
Les acteurs boursiers dans leur ensemble ont besoin d’avoir toujours de l’argent frais de côté, pour ne pas être obligés de vendre des titres boursiers à chaque fois qu’un de leurs investisseurs veut reprendre l’argent qu’il a chez eux. Comme beaucoup de titres boursiers baissent, ils vendent : soit pour être sûrs de garder assez d’argent frais de côté, soit par panique. Et du coup, les titres boursiers continuent à baisser. C’est le septième domino.
Voilà pourquoi, au fil de cette crise financière, beaucoup de titres boursiers sont en baisse, beaucoup de banques ont des problèmes de trésorerie, et beaucoup d’acteurs boursiers vendent à tort et à travers. La bonne nouvelle, c’est que sauf catastrophe la situation devrait redevenir stable dans les prochaines semaines. La mauvaise, c’est qu’entre-temps tous ceux qui auront vendu des titres sans rapport avec le marché du crédit auront commis une erreur. La très mauvaise, c’est que de nombreux petits épargnants à qui des banques avaient vendu des « placements sûrs » vont être les dindons de la farce, comme toujours.
Thomas Guénolé
11:00 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, chômage, bourse




