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19 novembre 2007
Episode 3 – Une certaine idée de la France (1962-1969)
Voici le troisième épisode de notre nouvelle rubrique La Ve République pour les nuls. Une occasion de découvrir ou de redécouvrir l’histoire politique de la France depuis 1958, dans un style clair, direct et accessible.
Cette rubrique paraît normalement tous les samedis (sauf aujourd'hui^^). Comme tout ce que publie GroZbulles, nos visiteurs sont totalement libres par leurs commentaires de nous interpeller, de réagir, de poser des questions, d’ouvrir des débats, voire de corriger nos inévitables inexactitudes.
Ce troisième épisode termine de traiter la présidence du fondateur de la Ve République, Charles de Gaulle, des lendemains de l'indépendance algérienne au référendum perdu de 1969.
Bonne lecture !
Les auteurs
Episode 3 – Une certaine idée de la France (1962-1969)
La première phase de la présidence du général de Gaulle avait été marquée, de 1958 à 1962, par son combat sur deux fronts : la question algérienne, et la révolution institutionnelle. Mais 1962 marque à la fois l’indépendance de l’Algérie, et le coup mortel porté à « l’esprit de la IVe » par l’élection du président de la République au suffrage universel. La nouvelle phase qui s’ouvre, et qui courra jusqu’en 1969, marquera pour longtemps l’imaginaire collectif, au point de trouver presque cinquante ans plus tard la notion « d’héritage gaulliste » dans le débat politique.
Mais concrètement, que vécut la Ve République pendant cette période ?
1. L’indépendance de la France.
C’est sans doute le legs politique le plus important de la présidence du général, puisqu’il est resté d’actualité. La logique gaullienne en la matière est simple. Maintenant que la France n’est plus une grande puissance mondiale, elle doit au minimum avoir un grand discours, une singularité dans les relations internationales, sans quoi elle ne pèsera plus rien. De Gaulle développera donc un positionnement proche de celui des « non-alignés ». Il s’efforcera de se maintenir à égale distance des deux superpuissances de l’époque, les Etats-Unis et l’URSS. Il s’efforcera par ailleurs de faire de la France le porte-drapeau d’un certain nombre de causes emblématiques, notamment l’indépendance des nations : ce positionnement lui donnera de fait un écho très fort vis-à-vis des pays du tiers-monde, à l’époque sous très forte pression à la fois de l’Ouest et de l’Est pour « choisir leur camp. » De Gaulle est également guidé, sous l’influence manifeste du nationalisme romantique de Charles Péguy, par une « certaine idée de la France », dotée d’un rôle messianique dans la marche des peuples à travers l’Histoire.

C’est à partir de cette grille de lecture que s’expliquent ses décisions de politique étrangère les plus marquantes :
- Réconciliation franco-allemande, avec la formation du "couple" De Gaulle - Adenauer. Si après coup leurs relations d'entente furent présentées comme idylliques, dans la réalité elles furent marquées par un désaccord sur l'alliance avec les Etats-Unis : très fortepour l'Allemagne, solide mais critique pour la France. Cette réconciliation permit toutefois un condominium franco-allemand sur la jeune CEE, ancêtre de l'Union européenne.
- Refus de participer au financement des casques bleus de l’ONU, au motif que seuls comptent les rapports de force entre Etats.
- Entretien d’un « pré-carré » français en Afrique, à la fois par le soutien aux chefs d’Etat en place et par la création d’Elf Aquitaine, bras pétrolier et affairiste de l’influence française. Ce sont les débuts de la « Françafrique » post-coloniale.
- Refus à deux reprises (1963, 1967) de l’entrée de la Grande Bretagne dans la CEE. Le principal motif est l’alignement systématique des Britanniques sur les Etats-Unis.
- Condamnation de l’érection en 1961 du mur de Berlin.
- Condamnation dès 1964 de l’aide militaire américaine au Sud-Viêtnam, au nom de la libre détermination des peuples.
- Reconnaissance diplomatique de la Chine communiste en 1964, alors que l’Occident à l’époque continuait à ne reconnaître que la Chine non-communiste (Taiwan) et que les Etats-Unis ne la reconnaîtront que sous la présidence de Nixon.
- Dans la CEE, politique de la « chaise vide » (boycott des institutions européennes) de mi-1965 à début 1966. Le but est d’obtenir que tout Etat membre puisse disposer d’un droit de veto sur les décisions adoptées majoritairement dans le cadre de la CCE. Ce but sera atteint avec le « compromis de Luxembourg. »
- Retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN, dont le QG dut déménager à l’époque de Paris à Bruxelles.
- Interruption des ventes d’armes à Israël après la Guerre des 6-Jours de 1967, d’où une politique pro-arabe qui singularisera la France par rapport à un Occident globalement pro-Israël.
On retiendra par ailleurs trois éléments de la politique étrangère gaullienne, l’un parce qu’il est très emblématique de sa doctrine d’indépendance, l’autre parce qu’il marque les débuts de l’humanitaire moderne, le troisième parce qu’il relève de ce « nationalisme romantique » à la Péguy :

- La bombe H, ou l’indépendance nationale par la dissuasion.
C’est sous De Gaulle que la France se dote de la bombe A : toutefois, les préparatifs de cet effort technologique dataient de la IVe République, et cet armement est clairement obsolète comparé à la bombe H des Américains et des Soviétiques. La présidence gaullienne mène de bout en bout un programme militaire pour passer à la bombe H, à la fois contre une très forte campagne pacifiste de la gauche et la mobilisation massive des atlantistes (les partisans d’un positionnement pro-américain net).
C’est à cette époque qu’il énonce la « doctrine de dissuasion » : le but de la bombe H française est qu’aucune puissance ne puisse attaquer la France sans risquer immédiatement une riposte lui causant des dommages inacceptables. Cette nouvelle arme donnera, de fait, une indépendance réelle à la France dans le monde, puisqu’elle s’appuiera sur l’inviolabilité militaire de son territoire.
- La crise du Biafra, ou la naissance de l’humanitaire.
Dans le cadre des vagues de décolonisation, un mouvement sécessionniste se manifeste au Biafra au milieu des années 60, contre la tutelle du Nigéria par ailleurs anglophone. Pour des raisons géopolitiques de lutte entre sphères d’influence en Afrique, la France gaullienne soutiendra la cause biafraise contre le Nigéria, lui-même appuyé par la Grande Bretagne. C’est à cette époque que des médecins français s’organisent pour apporter des soins aux victimes du conflit, et se baptisent Médecins Sans Frontières. La campagne de mobilisation de la générosité des Français en faveur du Biafra, qui rencontrera un franc succès, devra beaucoup au charisme d’un jeune médecin annonciateur de l’humanitarisme médiatique des décennies suivantes : le docteur Bernard Kouchner.

- Le "Québec Libre," ou la dette d’honneur de la France.
En 1967, à l’invitation du Premier ministre de la province canadienne du Québec, le général de Gaulle se rend au Québec dans une ambiance de fièvre populaire des Québécois francophones. Arrivé sur le balcon de l’hôtel de ville de Montréal, il lance à une foule de plus de cent mille personnes : « Vive Montréal, vive le Québec… … …Vive le Québec libre ! », ces derniers mots étant salués par une immense ovation populaire.
La crise diplomatique qui s’ensuit avec le Canada est nette. Le Premier ministre canadien déclare les propos du général inacceptables, ce à quoi De Gaulle répond par l’interruption de sa visite d’Etat au Canada et son retour à Paris. Il a été établi depuis que ce coup médiatique du général était largement prémédité, planifié jusqu’aux moindres détails, et qu’il s’agissait pour lui de payer aux francophones du Canada ce qu’il estimait être une dette d’honneur de la France : soutenir l’affirmation du peuple québécois dans le Canada anglophone, afin de réparer l’abandon pur et simple de ces mêmes Québécois par la France à l’époque où ils étaient une colonie française.
A noter, d’ailleurs, que cet incident diplomatique marquera le coup d’envoi du nationalisme québécois moderne, et aboutira à une série d’avancées politiques obtenues par les francophones pour leur autonomie maximale, la protection de leur langue, etc. Il est là aussi établi que De Gaulle contribua délibérément à modifier par son appui le rapport de force du Québec avec le pouvoir fédéral anglophone.
2. L’élection présidentielle de 1965.
Pour la première fois depuis le raté de l’élection présidentielle de 1848, qui porta au pouvoir le futur empereur Napoléon III, les Français élisent eux-mêmes leur président. Dans un premier temps, tous les sondages confirment au général de Gaulle, dont il est établi qu’il n’aurait renoncé à se présenter que s’il ne s’en était pas senti la santé, une victoire dès le premier tour. Toutefois, quatre facteurs affaiblissent l’homme du 18-Juin au fil de la campagne :
- La conjoncture économique connaît à l’époque un léger tassement.
- Le général de Gaulle se refuse totalement à faire campagne, au motif que les Français le connaissent déjà et qu’ils peuvent déjà le juger sur pièces.
- De Gaulle a agrégé une série de mécontentements par son refus systématique de faire des concessions de clientélisme électoral, notamment les agriculteurs, qui le sanctionneront au premier tour et voteront pour lui au second.
- Parmi les candidats, deux émergent nettement du lot et gagnent rapidement des voix : François Mitterrand, en capitalisant sur lui l’union de la gauche et des communistes ; Jean Lecanuet, en récupérant l’électorat de droite pro-américain et non-gaulliste. Les interventions des candidats à la télévision seront des nouveautés très frappantes pour les téléspectateurs, sur un média d’ordinaire dominé par le pouvoir en place.

De fait, De Gaulle n’est pas élu dès le premier tour, ce qui à l’époque est pris comme un lourd désaveu, et doit affronter Mitterrand au second tour. Dans l’entre-deux, il accepte enfin de faire campagne, dans une série d’entretiens télévisés avec le journaliste Michel Droit. Ces émissions le montrent sous un jour méconnu des électeurs, à contre-pied de son image de « statue du Commandeur » : il se montre très au courant des réalités quotidiennes des Français, préoccupé du développement de leur niveau de vie, gouailleur, et détendu.
Au second tour, le général est élu pour un second mandat par 55% des suffrages, avec un taux d’abstention remarquablement bas. L’éloignement progressif de l’électorat sera néanmoins confirmé deux ans plus tard, aux législatives de 1967, lorsque la majorité n’est reconduite que d’un seul siège. Pour l’anecdote, De Gaulle déclarera alors en privé que, s’il avait perdu la majorité, il aurait nommé un gouvernement d’experts et de techniciens, attendu la crise provoquée par la nouvelle majorité hostile, et dissous l’Assemblée nationale ; mais en aucun cas il n’aurait pratiqué la cohabitation.
3. Quelques réalisations oubliées.
Certaines réalisations de la présidence gaullienne sont peu connues, ou il est peu connu qu'elles remontent à De Gaulle. On citera notamment :
- La fusée Ariane.
- L'avion à réaction Concorde.
- La légalisation de la pilule contraceptive.
- L'apparition de la télévision en couleurs (à l'époque l'entièreté de la télévision dépend de l'Etat).
- L'engagement massif de la France dans le nucléaire civil, aux fins d'indépendance énergétique maximale du pays.
4. Mai 68 : le piège de la jonction des mécontentements.
Beaucoup d’analyses, de thèses, d’articles et de polémiques ont été consacrés aux tenants et aboutissants de la crise de mai 1968. Si l’on s’en tient uniquement à l’aspect politique et social, cette crise se résume toutefois à l’engrenage suivant :

- Dans un contexte de début d’usure du pouvoir (principat gaullien sans interruption depuis dix ans), des agitations étudiantes se manifestent en plusieurs points du territoire national. Pour l’anecdote, les premières revendications explicitement formulées furent… le libre accès aux dortoirs des filles.
- Au lieu de circonscrire ces agitations, par exemple en libérant rapidement les premiers agitateurs et en lâchant quelques concessions symboliques, De Gaulle opte systématiquement pour la répression et les arrestations au nom de l’autorité de l’Etat.
- La tactique du général radicalise l’agitation étudiante, qui se propage de faculté en faculté jusqu’aux premières barricades du 11 mai. Dans le même temps, les syndicats et les partis politiques de gauche profitent de l’opportunité pour ouvrir un nouveau front, social celui-là, avec l’apparition de premières grèves. C’est cette jonction qui sera décisive pour le succès du mouvement.
- Les grèves se multiplient, en même temps que les barricades des étudiants. Mettant sa démission dans la balance, le Premier ministre Pompidou obtient du général de gérer lui-même la crise. Il opte pour une tactique d’apaisement.
- En l’absence de De Gaulle, en visite d’Etat en Roumanie, les grèves prennent la tournure d’une grève générale, tandis que la Sorbonne et l’Odéon sont bloqués par les étudiants sans intervention de la police.
- Le général s’étant mis hors-jeu de lui-même, Pompidou poursuit sa logique d’apaisement. Il compte calmer les grévistes par une série de concessions, et jouer le pourrissement progressif du mouvement de grèves. Ce seront les accords de Grenelle du 26 mai.
- A la surprise de Pompidou et des leaders syndicaux, la base ouvrière rejette les accords de Grenelle. La grève générale se poursuit.
- Le blocage de la situation politique et sociale amène des leaders de gauche à considérer que la jeune Ve République est en train de s’effondrer. L’idée d’un gouvernement provisoire est lancée lors d’un meeting stade Charléty le 27 mai et, le même jour, François Mitterrand se déclare prêt à une candidature à la présidence de la République.
- Le 29 mai, coup de théâtre : De Gaulle disparaît en hélicoptère, parti pour une destination inconnue. Il s’avèrera qu’il était parti à Baden-Baden, base militaire française en Allemagne de l’ouest, pour s’entretenir avec le général Massu.
- Le 30, en même temps que les gaullistes les plus fidèles ont organisé une manifestation monstre sur les Champs Elysée, une allocution de De Gaulle à la radio annonce la dissolution de l’Assemblée nationale, le retour de l’ordre, et développe des accents qui rappellent l’appel radiodiffusé du 18-Juin.

Le mouvement se délitera par la suite très rapidement. Les forces politiques de gauche se détournent sur les élections législatives anticipées, qu’elles perdront dans des proportions historiques. Les manifestations étudiantes sont dispersées par la police avec une extrême brutalité. Quant aux grévistes, ils reprennent progressivement le travail, constatant qu’ils ont perdu leurs relais politiques et que la messe semble dite.
5. 1969 : ces chênes qu’on abat.
Une fois passé l’ouragan de 1968, De Gaulle décide de préparer une série de réformes majeures pour clôturer sa présidence. Il a en effet décidé qu’il quitterait le pouvoir l’année de ses quatre-vingts ans, en 1970. Cependant, conscient que le succès colossal des législatives de 1968 est moins un maintien de confiance qu’un soutien par peur de l’anarchie, le général tient à reposer aux Français la question de confiance, donc dans son esprit un référendum. Il joint donc ces deux préoccupations lors du référendum d’avril 1969, en procédant à un référendum sur ses trois derniers grands chantiers :
- La réforme institutionnelle. De Gaulle souhaite supprimer le Sénat, qu’il estime obsolète, et le remplacer par une assemblée de représentants des catégories socio-économiques chargés de pré-examiner les lois et d’en proposer, avant qu’intervienne l’Assemblée nationale.
- La régionalisation. Le général entend rompre avec le centralisme traditionnel français, au profit d’un découpage de la France de nature quasi-fédérale en sept régions aux pouvoirs marqués.
- La participation. Dans sa quête d’un modèle social à la fois distinct du capitalisme et du communisme, De Gaulle entend développer la participation systématique et obligatoire des salariés aux bénéfices des entreprises où ils travaillent.

Le contenu des questions, très techniques et sans rapport avec les préoccupations des Français, ne sera pas l’enjeu du vote. Il portera sur le maintien ou le départ de De Gaulle. Or, alors que jusqu’à présent ce dernier bénéficiait entre autres d’un soutien inconditionnel de la droite faute de meilleur champion pour la protéger de la gauche, ce soutien va s’effriter sous l’action de deux leaders d’opinion :
- Georges Pompidou. Dès 1965, ses points de désaccords avec De Gaulle se sont multipliés, surtout sur les terrains économique (Pompidou pense d’abord au développement industriel, De Gaulle d’abord à la participation salariale) et diplomatique (Pompidou est favorable à un grand marché commun européen intégrant la Grande Bretagne, De Gaulle est nationaliste tendance tiers-mondiste). 1968 a à la fois explicité la fracture entre les deux hommes, et permis à Pompidou de s’affirmer comme autre meneur possible de la droite. Peu avant le référendum de 1969, il confirme qu’il sera candidat à la prochaine élection présidentielle, théoriquement prévue pour 1972, alors qu’il sait que De Gaulle a prévu de se retirer en 1970.
- Valéry Giscard d’Estaing. Longtemps jeune Ministre des Finances du général, il s’efforce de fédérer autour de lui les forces centristes dont l’électorat a été développé par la candidature présidentielle de Jean Lecanuet. Il développe progressivement au fil des ans un discours de type « Oui, mais… » à l’égard de De Gaulle, jusqu’à appeler en 1969 à voter Non au référendum.
Dans ce contexte, le référendum se solde par une victoire du Non à 52%. De Gaulle démissionne quelques minutes après l’annonce des résultats dans un communiqué laconique, et retourne à Colombey-les-Deux-Eglises pour y reprendre la rédaction de ses mémoires.
« La Ve République pour les nuls »
Episode 4 – Les années Pompidou (1969-1974)
22:05 Publié dans La Ve République pour les nuls | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cinquième république, histoire
Commentaires
J'aime beaucoup les 3 axes de réforme qu'il propose en 69. Dommage qu'ils n'aient pas été adoptés, cela aurait grandement changé les mentalités du pays.
(Comme quoi il suffit de pas grand chose pour enterrer les plus beaux projets ^^)
Ecrit par : POF | 20 novembre 2007
Techniquement, De Gaulle aurait eu les moyens de faire passer toutes ces réformes sans un référendum : pour celles qui faisaient appel à la loi, il avait une majorité écrasante à l'Assemblée, et pour celles nécessitant de modifier la Constitution, il avait largement la majorité des trois cinquièmes requises aux deux chambres (Assemblée + Sénat).
Il partait néanmoins du principe que les réformes majeures devaient systématiquement passer par référendum. De fait, son ultime appel au peuple en 1969 fit disparaître les réformes en même temps que le réformateur.
Ecrit par : Thomas Guénolé | 21 novembre 2007
Bravo pour ce nouvel opus captivant et didactique.
Même si l'on n'est pas d'accord avec tout ce qu'a fait De Gaulle (par exemple sa gestion de la crise de 1968), voilà au moins un président dont la France peut être fière... On ne peut pas hélas en dire autant de ceux qui ont suivi.
Sinon, même commentaire que POF.
J'approuve le fait que les réformes majeures doivent passer par referendum, cependant j'estime que la confiance doit être dissociée du referendum ; d'ailleurs ce n'est pas un plébiscite mais une consultation (dont l'issue peut certes décider du retrait de la proposition... mais pas de son émetteur!). Qu'en pensez-vous ?
Ecrit par : florent | 24 novembre 2007
En théorie, il est vrai qu'un référendum ne saurait porter que sur la question qui y est posée. Dans la pratique, en revanche, certaines circonstances peuvent amener les électeurs à exprimer tout à fait autre chose que leur réponse à cette question.
- Pour tous les référendums de De Gaulle, sans exception, ils exprimaient d'abord leur niveau de soutien au général, et très secondairement leur approbation à ses projets. Cela s'explique par le fait que tout le monde savait qu'en cas de victoire du Non, De Gaulle partirait, transformant automatiquement chaque référendum en plébiscite.
- Pour 3 des référendums suivants, il n'y avait pas d'enjeu plébiscitaire, et de fait les électeurs répondirent à la question posée mais avec un fort taux d'abstension (référendum sur l'adhésion de la Grande-Bretagne à la CEE sous Pompidou, référendum sur le statut de la Nouvelle-Calédonie sous Mitterrand à l'initiative de Rocard, passage au quinquennat sous Chirac à l'initiative de Jospin).
- Pour 2 des référendums suivants, les électeurs répondirent à la question posée, mais avec un taux de participation très fort tant la question était en elle-même fondamentale. Il s'agissait des deux référendums européens (1993, 2005), qui d'ailleurs se répondent l'un à l'autre. 1993, un Oui à l'Europe de Maastricht d'une courte tête ; 2005, un Non massif à la même Europe après les déceptions successives sur ce qui avait été promis en 1993.
TG
Ecrit par : Thomas Guénolé | 25 novembre 2007




