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15 septembre 2007
Quelles alliances pour le MoDem ?
La question de nos alliances avec d’autres partis politiques est un double danger. Non seulement elle pourrit, au sens propre, la vie naissante de notre mouvement, mais elle représente, en plus, un risque mortel pour notre existence si elle est traitée de la mauvaise façon. Il est donc urgent de se débarrasser de ce problème.
Avec quels autres partis politiques devons-nous nous allier ? Répondre à cette question de façon tranchée, systématiquement au profit de tel ou tel parti, c’est mettre notre existence elle-même en danger. Quoi que nous répondions, nous réintégrons le jeu du clivage gauche-droite, soit en redevenant le complément de centre-droit de la droite, soit en devenant le complément de centre-gauche de la gauche. En d’autres termes, répondre à cette question de façon tranchée, c’est contredire notre propre identité et tuer le centre. Par ailleurs, si nous répondons « alliance à droite », nous perdons le soutien des citoyens qui approuvent notre indépendance vis-à-vis de l’UMP, et si nous répondons « alliance à gauche, » nous perdons celui des citoyens qui refusent que nous ayons rompu avec l’inféodation à la droite pour tomber dans l’inféodation à la gauche. Il est donc à la fois conforme à nos valeurs et conforme à notre intérêt politique de refuser l’alliance systématique, l’alliance d’office, avec tel ou tel parti.
La règle appliquée sur la question des alliances ne peut donc pas être l’alliance systématique avec tel ou tel parti.
Cela étant, en rester là dans notre raisonnement, c’est ne pas résoudre le problème, ce qui ne peut que pourrir la vie naissante de notre mouvement. L’incertitude, le flou, l’absence de règle claire, amèneraient pour l’avenir un scénario catastrophe que nous avons déjà douloureusement vécu au second tour de la présidentielle et des législatives : faute de règle claire, et du fait d’un désaccord de fond sur la question des alliances, certains prennent fait et cause pour la droite, d’autres prennent fait et cause pour la gauche, et tous se revendiquent du centre, ce qui crée une cacophonie qui rend notre message politique illisible. Elément aggravant, cela génère des hémorragies de cadres qui rejoignent d’autres partis, ce qui fragilise l’organisation de notre mouvement.
Donc, si la règle appliquée sur la question des alliances ne peut pas être l’alliance systématique avec tel ou tel parti, nous ne pouvons néanmoins pas nous passer d’une règle claire et permanente.
La solution réside dans nos propres valeurs :
- nous sommes partisans de l’ouverture et du rassemblement, donc nous pouvons gouverner, à tout échelon de pouvoir, avec tout parti républicain et démocratique ;
- nous sommes partisans du retour de l’éthique en politique, donc nous pouvons gouverner avec tout partenaire dès lors que nous fixons avec lui un contrat de gouvernement compatible avec nos propres valeurs ;
- nous sommes des démocrates, donc une décision aussi cruciale que la question des alliances ne peut être prise que par un vote, celui de nos adhérents ;
- nous sommes des démocrates, donc à toute élection à deux tours, nous devons aller chercher l’onction démocratique en présentant notre propre candidature au moins au premier tour ;
- nous sommes d’inspiration fédéraliste, que ce soit au niveau européen ou au niveau national, donc toute décision doit être prise au plus petit échelon nécessaire et suffisant.
Si l’on résume ces éléments à leurs conséquences pour notre stratégie d’alliances :
- nous pouvons gouverner, à tout échelon de pouvoir, avec tout parti républicain et démocratique ;
- nous pouvons gouverner avec tout partenaire dès lors que nous fixons avec lui un contrat de gouvernement compatible avec nos propres valeurs ;
- une décision aussi cruciale que la question des alliances ne peut être prise que par un vote, celui de nos adhérents ;
- à toute élection à deux tours, nous devons aller chercher l’onction démocratique en présentant notre propre candidature au moins au premier tour ;
- toute décision doit être prise au plus petit échelon nécessaire et suffisant.
Afin d’être conforme à ce que nous sommes, la règle pour nos alliances devrait donc logiquement suivre trois principes clairs :
- le MoDem présente systématiquement son ou ses candidats au 1er tour de toute élection (a fortiori s’il n’y a qu’un seul tour de scrutin) ;
- après le 1er tour, les alliances du MoDem sont négociées par l’instance du MoDem qui correspond le mieux au niveau de pouvoir concerné par l’élection (bureau national pour l’élection présidentielle et les élections législatives ; bureaux régionaux pour les élections régionales ; etc.) ;
- les choix d’alliances du MoDem sont validés par un vote des adhérents de l’instance du MoDem qui a négocié ces choix d’alliances (tous les adhérents pour les élections présidentielle et législatives, les adhérents de la région pour les régionales, etc.).
Thomas Guénolé
11:00 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : révolution démocrate, modem, bayrou, udf
Commentaires
Nous sommes parfaitement d'accord!
Il est important de prendre conscience que nous ne sommes pas des "centristes" purs et durs mais des démocrates. Nous dénonçons le clivage gauche droite qui maintient la vie politique française dans l'immobilisme et la contestation systématique de l'opposition. Affirmer une identitée centriste nous ramène à ce clivage et au fameux "ni ni" rappelé par François hier à Seignosse.
Concernant les alliances, un mot d'ordre national viendrait tuer notre mouvement démocrate dans l'oeuf. Les alliances ne peuvent être décidées qu'au niveau local selon les situations propres à chaque commune et canton.
Amitiés démocrates
Ecrit par : Cyril de Guardia | 15 septembre 2007
Assez d'accord avec cette analyse et ses conclusions. Je rajouterais que dans le contrat de mandature passé, il doit y avoir réglé de manière précise le mode de gouvernance. Pour avoir vécu à l'intérieur d'une majorité municipale, j'ai pu constater que la prise de décision démocratique est pour le moins... inexistante.
Des démocrates se doivent aussi de prendre en compte la démocratie locale : l'expérience des conseils de quartier à ce jour n'est pas satisfaisante, en tout cas dans ma commune. Ils me semble que ce devra être un chapitre important et bien développé de nos programmes.
Au-delà de tous ces principes énoncés que je trouve justes, je doute que la mise en application pour le choix des alliances dans les grandes villes soit effective mais j'ai sûrement mauvais esprit...
Ecrit par : laure leforestier | 15 septembre 2007
Thomas,
Je suis plus optimiste que vous. Je crois qu'il faut donner du temps au mouvement démocrate et faire confiance, ne pas être impatient. Je comprends en même temps votre impatience, surtout après la victoire de Bayrou au premier tour, car oui c'était une victoire, même si elle ne s,est pas transformée immédiatement en d,autres victoires.
A mon humble avis, la question des allainces que vous avez posée est tout à fait légitime dans le contexte actuel, je vous rejoins aussi sur la solution. Cependant, sur le long terme, cette question ne se posera plus. L'ouragan Sarkozy provoquera, sans doute, un affaiblissement et même une dissoulution des partis traditionnels, à gauche comme à droite. La question sur le long terme est de savoir comment le mouvement démocrate se positionne aujourd'hui pour récupérer ce qui restera de ces partis et de leurs appuis, et croyez moi, ce qui en restera sera substantiel. Il me semble que Bayrou travaille déjà dans ce sens. Il faut voir le long terme...
Amicalement,
Sophia
Ecrit par : Sophia | 16 septembre 2007
En ce qui concerne les élections municipales, je pense qu'il faut, avant de s'allier, à une quelconque majorité, bien étudier les pogrammes, et etre certain que celui-ci ne va pas à l'encontre de nos valeurs auquel cas, ne pas craindre de ne s'allier avec pesonne et faire savoir les raisons de notre décision.
Ecrit par : charlotte | 16 septembre 2007
un billet magistral :o) il faut impérativement le faire remonter...
Ecrit par : florent | 17 septembre 2007
Pour être honnête, ce billet et plusieurs autres publiés ici chaque vendredi sont tirés d'un petit bouquin que j'ai rédigé sur l'avenir, la stratégie et l'organisation du MoDem. Petit bouquin que je compte faire circuler bientôt. ;-)
Ecrit par : Thomas Guénolé | 17 septembre 2007
alors je trépigne d'impatience !!! =D
Ecrit par : florent | 17 septembre 2007




