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04 août 2007

Les émeutes de 2005 n'étaient pas de la délinquance.

Voici la première publication de notre nouvelle rubrique, "Réveil des quartiers populaires," qui sortira chaque samedi.
Le principe : mieux comprendre les quartiers populaires, au travers de leur expression artistique.
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Cette semaine, nous vous proposons la chanson "Mais qu'est-ce qu'on attend?" de NTM, groupe pionnier du hip-hop en France. Elle décrit avec précision ce que nous croyons être les causes profondes des émeutes de banlieue d'octobre-novembre 2005, mais a été interprétée... en 1993 !!!
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Comprendre les paroles étant parfois difficile quand on n'a pas l'habitude d'écouter du hip-hop, nous ajoutons en cas de besoin le texte intégral de la chanson.
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REFRAIN :
Mais qu'est-ce, mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ?
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Les années passent, pourtant tout est toujours à sa place
Plus de bitume donc encore moins d'espace
Vital et nécessaire à l'équilibre de l'homme
Non personne n'est séquestré, mais c'est tout comme
C'est comme de nous dire que la France avance alors qu'elle pense
Par la répression stopper net la délinquance
S'il vous plaît, un peu de bon sens
Les coups ne régleront pas l'état d'urgence
A coup sûr...
Ce qui m'amène à me demander
Combien de temps tout ceci va encore durer
Ca fait déjà des années que tout aurait dû péter
Dommage que l'unité n'ait été de notre côté
Mais vous savez que ça va finir mal, tout ça
La guerre des mondes vous l'avez voulue, la voilà
Mais qu'est-ce, mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ?
Mais qu'est-ce qu'on attend pour ne plus suivre les règles du jeu ?
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REFRAIN
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Je n'ai fait que vivre bâillonné, en effet
Comme le veut la société, c'est un fait
Mais il est temps que cela cesse, fasse place à l'allégresse
Pour que notre jeunesse d'une main vengeresse
Brûle l'état policier en premier et
Envoie la république brûler au même bûcher,
Ouais !
Notre tour est venu, à nous de jeter les dés
Décider donc mentalement de s'équiper
Quoi t'es mirro, tu vois pas, tu fais semblant, tu ne m'entends pas
Je crois plutôt que tu ne t'accordes pas vraiment le choix
Beaucoup sont déjà dans ce cas, voilà pourquoi cela finira dans le désarroi
Désarroi déjà roi, le monde rural en est l'exemple
Désarroi déjà roi, vous subirez la même pente, l'agonie lente
C'est pourquoi j'en attente aux putains de politiques incompétentes
Ce qui a diminué la France
Donc l'heure n'est plus à l'indulgence
Mais aux faits, par le feu, ce qui à mes yeux semble être le mieux
Pour qu'on nous prenne un peu plus, un peu plus au sérieux !!! 
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REFRAIN
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Dorénavant la rue ne pardonne plus
Nous n'avons rien à perdre, car nous n'avons jamais rien eu ...
A votre place je ne dormirais pas tranquille
La bourgeoisie peut trembler, les cailleras sont dans la ville
Pas pour faire la fête, qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu
Allons à l'Elysée, brûler les vieux
Et les vieilles, faut bien qu'un jour ils paient
Le psychopathe qui sommeille en moi se réveille
Où sont nos repères ?
Qui sont nos modèles ?
De toute une jeunesse, vous avez brûlé les ailes
Brisé les rêves, tari la sève de l'espérance.
Oh ! quand j'y pense
Il est temps qu'on y pense, il est temps que la France
Daigne prendre conscience de toutes ces offenses
Fasse de ces hontes des leçons à bon compte
Mais quand bien même, la coupe est pleine
L'histoire l'enseigne, nos chances sont vaines
Alors arrêtons tout, plutôt que cela traîne
Ou ne draine même, encore plus de haine
Unissons-nous pour incinérer ce système
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REFRAIN
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Commentaires

Entre incinérer métaphoriquement "le système" comme le fait NTM et s'exprimer par de la pyromanie aléatoire comme le font ceux qui n'ont pas compris qu'il vaut mieux le prendre au second degré il y a un fossé qu'il n'est pas très constructif de franchir. Le désespoir est un fait mais il ne justifie pas la violence gratuite.

Ecrit par : Jean-Marc | 05 août 2007

Sincèrement, je ne crois pas que NTM ne parle d'incinérer le système (sic) qu'au sens métaphorique. Les voitures n'ont pas commencé à être brûlées qu'en 2005, et la révolte des banlieues sous sa forme violente est déjà présente, quoique de moindre ampleur, dès le début des années 90.

S'il y a un aspect métaphorique dans les paroles de cette chanson, je pense qu'il faut y voir également une anticipation de l'aggravation de cette révolte violente, et l'explication de ses causes sociales.

A noter qu'à l'époque (milieu des années 90), le groupe NTM fut l'objet d'un lynchage médiatique sur le thème de son nom, "Nique Ta Mère", jugé trop vulgaire, et au motif d'appels à tuer des policiers. Méthode classique qui consiste à sortir tel ou tel élément de son contexte pour décrédibiliser les porte-parole d'une révolte.

Ecrit par : Thomas Guénolé | 08 août 2007

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